dimanche 3 août 2014

Non à la mondanité spirituelle (4/10): EG 95

Tous les Dimanches nous mettons en ligne le commentaire d'un numéro de l'exhortation apostolique "Evangelii Gaudium" du Pape François, pour nous arracher la mondanité spirituelle. Une énorme conversion à recevoir avec humilité et courage.
L'Eglise "sancta et semper reformanda" du Concile, c'est maintenant!



Exhortation apostolique Evangelii Gaudium
(24 nov A.D. 2013)

95. Cette obscure mondanité se manifeste par de nombreuses attitudes apparemment opposées mais avec la même prétention de “dominer l’espace de l’Église”. Dans certaines d’entre elles on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu et dans les besoins concrets de l’histoire ne les préoccupe. De cette façon la vie de l’Église se transforme en une pièce de musée, ou devient la propriété d’un petit nombre. Dans d’autres, la même mondanité spirituelle se cache derrière la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, ou dans une vaine gloire liée à la gestion d’affaires pratiques, ou dans une attraction vers les dynamiques d’auto-estime et de réalisation autoréférentielle. Elle peut aussi se traduire par diverses manières de se montrer soi-même engagé dans une intense vie sociale, remplie de voyages, de réunions, de dîners, de réceptions. Ou bien elle s’exerce par un fonctionnalisme de manager, chargé de statistiques, de planifications, d’évaluations, où le principal bénéficiaire n’est pas le Peuple de Dieu mais plutôt l’Église en tant qu’organisation. Dans tous les cas, elle est privée du sceau du Christ incarné, crucifié et ressuscité, elle se renferme en groupes d’élites, elle ne va pas réellement à la recherche de ceux qui sont loin, ni des immenses multitudes assoiffées du Christ. Il n’y a plus de ferveur évangélique, mais la fausse jouissance d’une autosatisfaction égocentrique.


dimanche 27 juillet 2014

Non à la mondanité spirituelle (3/10): EG 94

Tous les Dimanches nous mettons en ligne le commentaire d'un numéro de l'exhortation apostolique "Evangelii Gaudium" du Pape François, pour nous arracher la mondanité spirituelle. Une énorme conversion à recevoir avec humilité et courage.
L'Eglise "sancta et semper reformanda" du Concile, c'est maintenant!


Exhortation apostolique Evangelii Gaudium
(24 nov A.D. 2013)

94. Cette mondanité peut s’alimenter spécialement de deux manières profondément liées entre elles. L’une est l’attrait du gnosticisme, une foi renfermée dans le subjectivisme, où seule compte une expérience déterminée ou une série de raisonnements et de connaissances que l’on considère comme pouvant réconforter et éclairer, mais où le sujet reste en définitive fermé dans l’immanence de sa propre raison ou de ses sentiments. L’autre est le néo-pélagianisme autoréférentiel et prométhéen de ceux qui, en définitive, font confiance uniquement à leurs propres forces et se sentent supérieurs aux autres parce qu’ils observent des normes déterminées ou parce qu’ils sont inébranlablement fidèles à un certain style catholique justement propre au passé. C’est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et classifie les autres, et, au lieu de faciliter l’accès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrôle. Dans les deux cas, ni Jésus-Christ, ni les autres n’intéressent vraiment. Ce sont les manifestations d’un immanentisme anthropocentrique. Il n’est pas possible d’imaginer que de ces formes réductrices de christianisme, puisse surgir un authentique dynamisme évangélisateur.

dimanche 6 juillet 2014

Non à la mondanité spirituelle (2/10): EG 93

Tous les Dimanches nous mettons en ligne le commentaire d'un numéro de l'exhortation apostolique "Evangelii Gaudium" du Pape François, pour nous arracher la mondanité spirituelle. Une énorme conversion à recevoir avec humilité et courage.
L'Eglise "sancta et semper reformanda" du Concile, c'est maintenant!



Exhortation apostolique Evangelii Gaudium
(24 nov A.D. 2013)

93. La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel. C’est ce que le Seigneur reprochait aux pharisiens : « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez la gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? » (Jn 5, 44). Il s’agit d’une manière subtile de rechercher « ses propres intérêts, non ceux de Jésus-Christ » (Ph 2, 21). Elle prend de nombreuses formes, suivant le type de personne et la circonstance dans laquelle elle s’insinue. Du moment qu’elle est liée à la recherche de l’apparence, elle ne s’accompagne pas toujours de péchés publics, et, extérieurement, tout semble correct. Mais si elle envahissait l’Église, « elle serait infiniment plus désastreuse qu’une quelconque autre mondanité simplement morale ».



dimanche 29 juin 2014

Non à la mondanité spirituelle (1/10): EG 92

Tous les Dimanches nous mettons en ligne le commentaire d'un numéro de l'exhortation apostolique "Evangelii Gaudium" du Pape François, pour nous arracher la mondanité spirituelle. Une énorme conversion à recevoir avec humilité et courage.
L'Eglise "sancta et semper reformanda" du Concile, c'est maintenant!



Exhortation apostolique Evangelii Gaudium
(24 nov A.D. 2013)

92. Il y a là la vraie guérison, du moment que notre façon d’être en relation avec les autres, en nous guérissant réellement au lieu de nous rendre malade, est une fraternité mystique, contemplative, qui sait regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain, qui sait supporter les désagréments du vivre ensemble en s’accrochant à l’amour de Dieu, qui sait ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon. En cette époque précisément, et aussi là où se trouve un « petit troupeau » (Lc 12, 32), les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16). Ils sont appelés à témoigner de leur appartenance évangélisatrice de façon toujours nouvelle.[70] Ne nous laissons pas voler la communauté !





jeudi 30 janvier 2014

Ce matin sur Radio Espérance

Entendu ce matin sur Radio Espérance, en commentaire de la fin du Message de Sa Sainteté le Pape François pour la Journée Mondiale de la Paix le 1er janvier A.D. 2014:

mardi 21 janvier 2014

Homélie pour la messe du 21 janvier A.D. 2014

Le port de Singapore

La coïncidence liturgique a voulu que nous entendions le récit de l'onction de David, précisément aujourd'hui. De fait, lorsque saint Rémi donne l'onction à Clovis, tous sont conscients que par delà les empereurs païens de l'antiquité, on retrouvait la lignée des rois de l'Ancien Testament, faisant ainsi du roi de France la figure christique du bon berger au plan temporel, comme le sacerdoce l'est sacramentellement au plan spirituel.

C'est l'occasion de rappeler quelques points de Doctrine Sociale de l'Eglise pour éclairer les temps que nous vivons. L'Eglise n'est attachée à aucune forme particulière de gouvernement, et elle est libre envers tous les pouvoirs d'ici-bas. Elle ne reconnaît comme divinité, une et indivisible, que la Sainte Trinité, le seul vrai Dieu, le Dieu vivant. Elle ne juge pas les régimes sur les devises qu'ils gravent aux frontons des édifices publics, mais aux fruits qu'ils produisent. Elle est donc capable, comme chacun d'entre nous, de faire la différence entre la gestion des affaires publiques « en bon père de famille », comme l'on dit, qui transmet le patrimoine et l'augmente de siècle en siècle, et les aventuriers du pouvoir qui se disputent le pays en alternance comme une proie à ravir.

Car pour l'Eglise, le fondement de la société n'est pas le contrat social, mais la famille. Il y a donc une antériorité de la famille et de la société sur l'Etat dont l'autorité s'exerce légitimement en vue du bien commun. Celui-ci n'est pas l'intérêt général, qui n'est que la concurrence et la complicité des intérêts particuliers, qui finit invinciblement par la domination des plus forts sur les plus faibles : c'est ainsi que le bienheureux Jean Paul II avait prévenu qu'une démocratie sans valeurs transcendantes se dégrade toujours en totalitarisme déclaré ou sournois. Le bien commun est au contraire toujours donné, il est notre humanité même, attachée aux plus petits qu'il faut toujours protéger et servir.

Lorsque les autorités publiques agissent ouvertement contre le bien commun, l'exercice du pouvoir n'est plus légitime ; les transgressions parlementaires, quelle que soit la forme démocratique de leur promulgation ne créent aucune obligation mais au contraire un devoir d'objection de conscience ; on glisse vers la tyrannie. Le Catéchisme de l'Eglise Catholique enseigne que la société civile ainsi agressée et les citoyens, ont non seulement le droit mais le devoir de légitime défense, par tous les moyens, dans les seules limites de la morale naturelle et évangélique ; ils donneront encore ce qui appartient au bien commun.

Dans notre pays où la légitimité du régime est mise en question par des lois de plus en plus ouvertement contraires à la dignité de la personne humaine, quand le gouvernement piétine lui-même quotidiennement la légalité républicaine dans une dérive dictatoriale telle que les instances européennes s'en inquiètent, il est important de savoir qu'il existe des lois fondamentales de la France, fixées par l'expérience des siècles, dont certaines, pour la stabilité du régime, désignent toujours à coup sûr le chef légitime, par son sexe et son ordre de naissance. D'où l'acclamation « Le roi est mort. Vive le roi ! » puisque il y a toujours un roi et il est toujours connu.


Nous avons donc une magnifique espérance, sachant que la France n'a jamais manqué, de par la Providence divine, de celui qui est toujours le chef légitime, désigné ni par la volonté du peuple, ni par le caprice des hommes, mais plus profondément même que les péripéties de l'Histoire, par la réalité des faits. L'actuel héritier était interviewé il y a un an ou deux, sur des questions de culture et de patrimoine historique, le seul domaine qui lui soit actuellement consenti. Sortant quelque peu du sujet, la journaliste s'enhardit à lui demander : « ainsi donc, Monseigneur, vous prétendez à... » Il ne lui laissa pas finir sa phrase et témoigna: « je ne prétends à rien : je suis. »

mardi 7 janvier 2014